20ème anniversaire de la grève de la femme et petite histoire turque



Aujourd’hui est le 20ème anniversaire de la 1ère grève de la femme. Les bons souvenirs surgissent lorsque toutes de mauve vêtues, nous bénéficiâmes de la gratuité des chemins de fer pour nous rendre à Berne afin de soutenir les deux candidates Christiane Brunner et Ruth Dreiffus (qui sera élue par la suite).

Cette année, 20 ans après, ce sera la couleur fuchsia qui sera de mise pour ladite grève et 100’000 personnes sont attendues dans les rues. Car malgré quelques avancées, l’inégalité de salaire reste de mise et les femmes gagnent toujours 20% de moins que leurs collègues masculins, ceci pour un travail égal.

Berne ne sera pas aussi fuchsia qu’en 1991, les anti-nucléaires de jaune vêtus font manif depuis le début du weekend de Pentecôte.

Cet événement fera que mon bulletin sera bref car il faut que je cherche dans mes affaires de printemps que je n’ai toujours pas déballées, un vêtement fuchsia, histoire de me remémorer le bon temps et soutenir les femmes actives actuelles.

Pour la petite histoire turque: le monument de l’humanité

Il existe en Turquie, un village du doux nom de Kars, situé à 40 km de la frontière arménienne. En 2006, le maire de cette ville, Naïf Alibeyoglu (CHP), passe commande auprès du sculpteur Mehmet Aksoy pour l’édification d’un monument, le «Monument de l’Humanité» afin de célébrer la réconciliation et l’amitié entre Arméniens et Turcs. Ce monument fera 30 mètres de haut pour 90 tonnes, ce qui n’est pas rien! En 2009, lors des élections municipales, le CHP perd au profit de l’AKP et le nouveau maire, Nevzat Buzkus n’intervient pas dans la continuité de la construction de cette immense statue.

Lors d’une visite de Tayyip Erdogan dans la petite ville de Kars, en début d’année 2011 pour sa tournée électorale s’étrangla et hurla: «C’est quoi, cette monstruosité!!» Embarras de la mairie et Erdogan de demander sa démolition dans les plus brefs délais: «Pour en faire un joli parc avec vue sur la citadelle ottomane! Ce sera bien plus joli que cette horreur» rajoute le mégalo qui voit déjà Istanbul comme un 2ème Dubaï.

Il va sans dire que la diplomatie de l’entourage du 1er ministre arrondit les angles en traduisant le turc de Tayyip: «Vous comprenez, il n’a pas dit ça! Il a simplement dit que cette statue ne s’inscrit pas dans les vestiges du passés, à savoir ceux des époques des seldjoukides, ottomans et russes de la ville de Kars. Cette statue est tellement grande qu’elle se voit de partout, même depuis l’Arménie. Ça ne joue pas! Il faut comprendre notre premier ministre qui n’a pas réussi à retenir un élan de répulsion quant à ce nouvel art qu’il ne comprend pas et qui n’accepte pas que la Turquie soit défigurée!»

Pour plus d’infos, l’excellent site de l’Observatoire de la Vie Politique Turque

Toujours est-il que le 6 juin 2011, Recep Tayyip Erdogan ordonne la destruction de ce monument.

Et le sculpteur Mehmet Aksoy de s’esclaffer: «Je suis devenu, bien malgré moi, un symbole politique!»

 

La photo qui fera peut-être partie des archives turques et que j’ai piquée sur le site sus-mentionné.

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