La vidéo-surveillance: petite histoire


 

Les Hollandais ont mis au point une caméra de surveillance, dotée d’un logiciel capable de détecter tout individu au comportement suspect. Elle est alors capable de le suivre et de répertorier toute une base de données sur ledit personnage qui a dégainé sa pipe un peu trop vite et qui a de la peine à trouver son paquet tabac à moitié vide, collé entre son agenda, son iPad et son porte-feuille. Quelques jours plus tard, sortant de son petit magasin de tabac, le Monsieur «au comportement suspect» tombe sur une bande de manifestants enragés et se met en colère parce qu’il s’est fait bousculé. Bingo, c’est dans la boîte! On diffuse alors son portrait sur les écrans qui ont envahi les foyers. Sa femme, sa maîtresse et sa secrétaire le reconnaissent. L’une d’entre elles, la plus frustrée, prend son mobile et téléphone directement au commissariat en précisant aux fonctionnaires de la force publique qu’en effet, son mari avait un comportement suspect depuis un certain temps.

La police va alors questionner la secrétaire qui, en effet, voyait son chef s’absenter de plus en plus souvent et à des heures on ne peut plus douteuses. Un petit tour sur les comptes-rendus des bancomat et on s’aperçoit que Monsieur effectuait des retraits assez conséquents depuis quelques mois. Sa carte de crédit montre qu’il a parfois été dans des hôtels douteux dont une seule caméra de surveillance fixée sur la caisse est installée par le gérant. Bizarre, bizarre!

On observe aussi Monsieur dans certains restaurants, cela grâce aux caméras de surveillance fixées dans des coins stratégiques et invisibles pour le simple péquin qui n’y prend garde, et que voit-on?! Monsieur refiler des petits paquets emballés à une Dame qui n’a rien de spécial pour un oeil machiste. Cette Dame de mettre le paquet dans son sac et feignant une intense émotion envers ce généreux donateur qui, on le distingue très bien sur la vidéo, insiste pour qu’elle ne l’ouvre pas tout de suite ou pas du tout, c’est selon le calcul algorithmique de la caméra «top niveau logiciel qui détecte tout comportement suspect», ou selon celui qui interprète les images qui défilent.

A un moment, la Dame se rend aux lieux d’aisances où seule, la salle lavabo est investie par une caméra «Hight Tech» cachée dans la grille d’aération. La Dame va se soulager, se rend vers un miroir, se regarde tout en se lavant les mains et, n’y tenant plus, puise dans son sac duquel elle en retire le paquet remis tantôt. «A ma tendre Mimi». Pas de doute, c’est un nom de code car la Dame se révise très vite et glisse fissa fissa le paquet au fond de son sac.

Sans le savoir, la Dame fait partie d’une recherche faciale de son identité et rebingo, on s’aperçoit qu’elle a été arrêtée lors des manifestations de 1968. C’est une rebelle et elle remet ça! Trop discrète pour être honnête!

Les détectives, alertés par la Femme de Monsieur, sont sur les dents et espèrent faire un carton car pour eux, c’est «The Big Fish»! On va les avoir, ces salopards d’Al Caramba! Une manifestation «secrète» diffusée sur Face de Bouc et Twitter a lieu le lendemain. On va faire une planque vers l’immeuble minable dans lequel la Dame a trouvé un logement depuis fort longtemps, et une autre derrière la grille du pavillon de Monsieur.

07h30, Monsieur sort la voiture de son garage, mais les agents ne paniquent pas. Grâce à la puce de l’Ipad qui permet de savoir où l’individu se trouve à tous moments, pourquoi risquer de se faire repérer?! L’agent transmet par Wifi au QG: «Le bonhomme sort de sa souricière, je répète, le bonhomme sort de sa souricière». Les détectives, restés au QG suivent à la trace la petite lumière rouge qui se déplace sur l’écran LED. La lumière rouge s’arrête, la caméra de la ville prend le relais et envoie les images du Bonhomme entrant dans un magasin de tabac, toujours le même. Bizarre! Il en ressort 5 minutes après, un petit colis sous le bras. Prendre toutes les dispositions nécessaires pour avoir des informations sur ce tabagiste, c’est peut-être une piste!

Le Bonhomme reprend sa BMW et se rend à un bancomat. Pourquoi chaque fois un différend?! C’est qu’il est méfiant notre gaillard! Notre Gaillard qui, maintenant arrive sur son lieu de travail où la secrétaire, briffée par la brigade anti-gang, ne doit rien laissé transparaître et alerter immédiatement la police anti-terrorisme une fois que son patron s’absente.

11h30, le Suspect sort de son entreprise et prend les transports publics pour se rendre au centre-ville. On ne peut pas encore intervenir, trop de monde et trop de risques de dommages collatéraux. Lorsque le Terroriste descend du bus, il s’arrête un instant, dégaine sa pipe et recherche son maudit paquet de tabac qui, décidément, à l’art de se cacher n’importe où dans cette foutue poche intérieure. Sans doute un signe! Mais à qui? Une fois sa pipe bourrée, il l’allume et prend la direction d’une brasserie où sa complice l’attend déjà, assise à une table reculée et discrète. Son visage est pensif et scrute la porte d’entrée du bistrot avec insistance. C’est qu’on n’a pas le droit de fumer dans les lieux publics! Son pseudo-amant entre enfin et les deux visages s’illuminent mais tentent de cacher leur émotion. Le Terroriste sort alors le paquet-cadeau devant sa comparse qui feint une expression de lassitude heureuse.

C’est alors qu’il y a un remue-ménage dans la brasserie et des hommes vêtus de carapaces noires et couverts d’un casque étrange se précipitent vers le couple aux yeux hallucinés. Un tonneau est placé sur le paquet et on dégage les clients de la salle. Les deux Malfrats sont menottés, bâillonnés, sanglés et emportés dans un fourgon de la police. Pendant ce temps, les forces anti-mines font sauter le paquet où était encore écrit: «A ma douce Mimi». Un code là aussi! Un amoureux se renouvelle, pensez donc!

12h30. Opération: «C’est du tout cuit» a été un succès! La plus vieille édition de: «Ainsi parlait Zarathoustra» est partie en fumée, le Monsieur se fait torturer dans une prison étrangère pour avouer il ne sait pas encore quoi, la Dame croupit dans une vieille geôle du pays dans le plus grand secret, le marchand de tabac est placé en isolement, la secrétaire a perdu son job et la Femme se retrouve sans mari pour faire chauffer la marmite.

 

 

 

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