La démission et la délation


 

Publié le 13 août 2011

 

Il n’y a pas trois jours, j’avais écrit l’article sur la police.

Aujourd’hui, à l’heure où l’on doit rendre des comptes, on se retrouve devant une situation assez inimaginable en Angleterre. Et pour aller plus vite, les tribunaux sont ouverts 24/24h.

Si les personnes arrêtées sont d’origines et de classes diverses, on peut s’apercevoir d’une chose, c’est que même si la grande majorité des interpellés sont des enfants de 11 à 14 ans, on retrouve aussi des enseignants, des profs, des étudiants, des coiffeurs, des postiers, un millionnaire, monsieur et madame tout le monde, en gros… sauf pour le millionnaire.

Si une grande partie de cette masse populaire s’est portée volontaire pour aller au commissariat pour y déclarer: «C’est moi. J’y étais!», d’autres ont été reconnus grâce aux diverses caméras situées dans certains quartiers, ou grâce à ceux qui filmaient ou se faisaient filmés et diffusaient leur chef-d’oeuvre sur Face de Bouc ou Twitter et autres, ou grâce encore aux journalistes qui, de leurs belles caméras haute-résolution, ont balayé des secteurs où la manifestation était la plus active. Et grâce à toutes ces données, ce lot impressionnant de portaits et ce lot de délations, les forces de l’ordre n’ont eu plus qu’à mettre la main sur le quidam quidit «No guilty!» et de s’entendre répondre: «Et ça, c’est la photo de ma mère?!»

Ou encore cette jeune fille qui rapporte la TV LED au commissariat, certainement poussée en cela par des parents horrifiés de voir leur gamine arriver avec ce maousse carton détenant le trésor, et sommée de rapporter le butin au poste illico en présentant des excuses.

Mais là où on frise le pompon, et c’est pourquoi je fisse référence à l’article sur la police, là-haut, en première ligne de cet article ci-présent, c’est lorsqu’une ballerine se retrouve au poste suite à la dénonciation de ses parents qui l’avaient reconnue à la télévision! Quand j’entendis cela, je tombis des nues et, ne pouvant en croire mes oreilles, je me fusse dit: «Attends! Ne porte pas de jugement à l’emporte-pièces! Il doit y avoir une raison en cela!» et de dresser une liste exhaustive de probabilités pour expliquer ce geste.

  • Les parents ne se sont pas rendus compte que c’était une manif et ont cru qu’il s’agissait d’un ballet donné en plein air.
  • Les parents, un peu séniles, ont cru que c’était un jeu télévisé et, ravis de voir leur fifille participer, ont téléphoné au numéro indiqué en espérant remporter le jakpot.
  • Que la mère, encore offensée parce que sa fifille a choisi le job de ballerine pour pouvoir échapper aux repas immondes qu’elle préparait amoureusement pour la famille, a choisi là, l’occasion rêvée pour se venger. En reposant le combiné, elle aurait dit alors à son mari: «Elle n’aimait pas ma cuisine? Elle va voir ce qu’elle va manger au clou!»
  • Ou c’est la soeur, venue se réfugier chez papa-maman, a reconnu celle qui fût la préférée de la fratrie, s’est ruée sur le combiné et en a appelé au devoir citoyen de ses parents en menaçant: «C’est elle, ou moi!»
  • Le numéro des parents a été piraté par une voisine aigrie par les séances de répétition sans fin de la jeune danseuse, et s’est vue là l’opportunité rêvée pour se venger de ces dix années à taper du manche à ballets au plafond pour que cesse ces bruits de chaussons de danse claquer au-dessus de sa tête.

La dernière idée qui me passe par la tête est que ça devait merder passablement au sein de cette famille et papa-maman ont téléphoné à la police pour que les forces de l’ordre réussissent là où ils ont lamentablement échoué.

Toujours est-il que cela démontre le parfait exemple de la prise en charge du futur rejeton qui n’est pas encore né et la prise en charge des futurs parents par la société. Cela peut paraître effrayant, et le mot «paraître» me semble encore faible. Mais devant un tel acte, on peut dès lors comprendre la présence de cette jeune ballerine dans cette ruée de mécontents qui ont envie de tout casser. Et de me permettre de la prendre en symbole, même si elle ne correspond pas aux critères du vilain manifestant qui casse tout pour emmerder le «bon peuple». De me permettre d’imaginer un oiseau, symbole dansant au-dessus de cette mêlée de mécontents et à qui on coupe brutalement les ailes.

DELATION = TRAHISON, l’arme des lâches, des couards et des collabos! Arme qu’on a le courage d’appeler: «LE DEVOIR CITOYEN».

 

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