Une montagne qui accouche d’une souris


 

Publié le 17 août 2011

 

Que n’a-t-on pas dit sur le sommet des deux «piliers de l’Europe», à savoir l’Allemagne et la France. Pilier en béton armé pour l’Allemagne, un étai pour la France qui ne tient pas à perdre sa note AAA. Qui a vraiment décidé des accords qui en sont sortis? Il y a fort à parier que le président Sarko ne fait pas le poids devant la puissante chancelière Angela.

C’est que la RFA (République Fédérale Allemande pour ceux qui ne furent encore pas nés à l’époque) a déjà eu du mal à se serrer la ceinture pour avaler la RDA (République Démocratique Allemande, pour ceux qui avaient encore du lait derrière les oreilles en 1989). Pour celui ou celle qui eut voyagé et se fut un tant soit peu entretenu avec les RFAllemands, ces derniers la trouvèrent saumâtre de payer pour des RDAllemands qui n’avaient pas l’habitude de bosser. Pour celui ou celle qui poussa plus loin sa conquête de l’Est et s’entretint avec les RDAllemands, ces derniers la trouvèrent saumâtre de ne plus recevoir de subventions étatiques et de trouver tous les produits de première nécessité augmentés de près de moitié.

Bien que les deux peuples allemands furent d’un même pays, les habitudes avaient été vite prises de part et d’autre et on ne peut pas dire que la réunification fit le bonheur de tout le monde, autant à l’Ouest qu’à l’Est. A force de sacrifices, on doit avouer que le tour de force économique, aidé par quelques lobbyistes, a réussi a maintenir une certaine stabilité dans le pays.

Les Allemands d’avant 1989 ont toujours eu la réputation de sacrés bosseurs et avaient gagné leurs galons de force économique avec laquelle il fallait compter. Galons qu’ils n’ont d’ailleurs pas vraiment perdus. Leur non-implication dans certains conflits les ont aussi préservés de dépenses excessives. Ne pas non plus oublier que la RFA a dû attendre un moment pour avoir sa propre force stratégique, force armée refusée par un De Gaulle marqué par la 2ème guerre mondiale. La RFA a alors posé ses jalons dans d’autres secteurs économiques et tout ce qui était estampillé germanique fut renommé pour être de 1ère qualité.

Avec la réunification, elle s’est déjà beaucoup investie. Alors remettre ça avec les PIGS ne la motive pas vraiment.

La France elle, s’est un peu reposée sur les lauriers des grands penseurs et artistes de toute une époque. Sa renommée culturelle agit encore au-delà de ses frontières. Même si les Français sont d’excellents travailleurs et ont une capacité spectaculaire d’innover, on ne peut pas dire que le secteur privé soit sponsorisé par le politique. C’est même l’inverse. Et il en faut, des sous, pour recevoir des chefs d’Etat, mettre les petits plats dans les grands, ne pas regarder à la dépense lorsqu’il s’agit de montrer à la face du monde, les réceptions spectaculaires à Versailles, avec ballet des plus belles carrosseries, au sens propre comme au figuré.

Mais il ne faut pas se voiler la face, la France va assez mal financièrement parlant et fait son maximum pour ne pas être entraînée dans la zone des PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Spain, pour les ignares).

On peut aisément faire la comparaison lorsqu’Obama a rencontré son homologue chinois et avait annoncé que les deux grandes puissances avaient trouvé un commun accord. Le Dragon asiatique n’avait pas perdu la face alors que le président US faisait pâle figure.

Dans le cas de cet accord franco-allemand, le nain Sarko est plus petit encore que le monstre allemand, et d’annoncer les deux bouches en coeur qu’enfin quelques accords avaient été trouvés. Lesquels? Une sorte de statut quo plus flexible qui ne rassure personne.

En douce et bucolique Helvétie, on observe tout cela avec une certaine inquiétude, l’Europe étant sa première partenaire économique. L’évaluation de son franc, qui fait de plus en plus de petits W vers le haut, n’est pas fait pour rassurer les entreprises exportatrices. Pourtant, on ne peut pas dire que la Banque Nationale Suisse (BNS) n’a pas fait d’efforts pour compenser pour maintenir sa partenaire européenne. La moitié de sa réserve est en euros, d’où une perte substantielle depuis la dégringolade de la monnaie unique, et un quart en dollars, ce qui a boosté la perte de milliards de francs. Le taux hypothécaire est au plus bas et la spéculation est au plus haut. On a beau rappelé que ce n’est pas le moment d’investir dans le franc, rien à faire. Notre valeur refuge est aussi recherchée que les barres en or (et non en chocolat). Les exportateurs toussent, le tourisme souffre, le spectre de la récession se fait sentir. Et les 80% de locataires qui peuplent la Suisse de tirer la langue.

 

 

 

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