«Mister Boum», star mondiale de la finance, s’exprime sur le G20


 

Publié le 6 novembre 2011

 

Marc Faber, alias «Mister Doom»(sur lequel FAICMFSF a déjà fait un article), est reconnu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche, de ne pas se laisser manipuler par les belles paroles et a l’art de foutre la trouille à toute une population qui le bonheur de l’écouter. Le 4 novembre 2011, il s’exprime sur le G20 et sur l’économie mondiale telle qu’il la perçoit.

Attention les réjouissances!

On y va!

 

D’abord, la Grèce a fait faillite. Comment veut-on gérer cette crise?!

Deux possibilités s’imposent:

La 1ère: la Grèce se sépare de l’UE et dans ce cas il y aura une dévaluation très prononcée de la monnaie locale, le dra(ch)me.

La 2ème: l’UE supporte la Grèce et doit faire avec son endettement qu’on devra sabrer de 90%. Or quelqu’un doit reprendre cette dette. Cela peut être le système et les obligations bancaires du gouvernement grec ainsi que les personnes qui ont emprunté de l’argent à la Grèce, ou les banques centrales qui supporteront d’une façon ou d’une autre la Belle Hellène.

 

1ère solution: la Grèce se sépare de l’UE et sort de l’euro. Le risque est l’effet domino: l’Italie, puis l’Espagne… Ce qui serait peut-être le mieux pour l’Europe. Refondre une Europe pour les pays disciplinés comme l’Allemagne, et les pays qui n’ont aucune discipline, loin du bal!

Terrible! Car au-delà des pertes sociales, il y a les pertes historiques, l’idée d’une Europe qui s’est faite avec beaucoup de générosité, qui a voulu englober un maximum de pays tout cela dans une idée de Peace and Love. Mais le problème est qu’il y a, en principe, une union économique mais aucune discipline fiscale efficace.

Le sempiternel problème de la gouvernance de l’UE est le problème budgétaire. L’Allemagne est relativement forte aux autres pays. Mais elle a aussi ses propres problèmes: ses fameux 4 billions d’obligations futures destinés à la sécurité sociale qui n’ont pas encore été fondus. Qui va payer! Idem pour les USA! Les Etats-Unis ont beaucoup d’obligations futures mais rien n’est encore prévu pour ces obligations.

C’est le grand problème des démocraties de l’Ouest.

 

Or l’élément qui dérange les marchés est que ce n’est plus l’économie qui fasse bouger le binz, mais les décisions politiques. L’origine de la crise est un endettement dans le monde occidental qui est beaucoup trop grand par rapport à son PNB et tous les gouvernements de tous ces pays sont à l’origine de la crise. Actuellement, les dirigeants politiques qui ont hérité de cette crise veulent la résoudre et les décisions qu’ils vont devoir prendre ne vont de loin pas contenter les consommateurs. Elles vont même aller jusqu’à générer des crises sociales profondes.

 

Sarkozy s’est attaqué à la Suisse et non aux paradis fiscaux américains comme le Delaware ou certains paradis fiscaux en Asie, parce qu’il a besoin d’un bouc émissaire. La Suisse est un pays qui a une situation économique un peu plus enviable au niveau de la dette. Et il est plus facile de s’attaquer à un pays voisin, (qui est tout petit…certainement un complexe d’infériorité) qui ne fait pas partie du G20 et qui ne peut pas se défendre. Mais la Suisse n’est pas épargnée. Inflation, augmentation des impôts pour les riches. (Sans compter le fameux «frein à l’endettement» mis en place en douce et bucolique Helvétie, adopté le 5 juillet 2000, votée par le peuple et mis en place depuis 2003!)

 

Dans ce grand marasme mondial, qui va s’en sortir?

Mister «Boum» a l’impression que ce sera l’Asie. Mais avant, beaucoup de choses vont se passer. Pour l’Ouest, il n’est pas acceptable de rester à la traîne d’un pouvoir asiatique qui va dominer le monde économique. Il y aura beaucoup de tensions. L’endettement de l’Ouest est tel qu’il va nécessiter d’imprimer de l’argent, ce qui va engendrer de l’inflation. Les standards de vie des ménages moyens vont continuer à diminuer. Il va y avoir inflation sur les matières de base, ce qui va toucher le ménage moyen et ceux qui ne gagnent pas beaucoup d’argent. Pour financer cela, on imprimera de l’argent qui ne va pas servir à n’importe quoi. Et pour distraire l’attention d’une population qui sera de plus en plus mécontente, on ira à la guerre. Ce qui n’est pas forcément excitant. Mais une des questions de l’investisseur est: comment va-t-on investir dans tout ce bousier!

 

C’est pourquoi il sera nécessaire de se diversifier, parce qu’on ne sait pas comment sera le monde dans 5 ou 10 ans. Dr «Doum» recommande donc aux ménages qui ont certains biens d’avoir un peu de réserves cash, puis d’investir peut-être 25% dans des actions, 25% dans l’immobilier à la campagne (pour avoir son petit jardinet), non dans les villes, et le reste dans des matières précieuses telles que l’or et l’argent.

 

Pour ce qui est des Etats, les pronostics sont plus sombres. Des Etats ont fait faillite, ont beaucoup trop d’obligations futures et ont promis des bénéfices sociaux qu’ils ne peuvent pas payer. Comme ils ne peuvent pas payer, ils vont naturellement faire comme en Suisse, imposer des impôts supérieurs qui vont toucher des gens avec des biens.

En Suisse, il y a des impôts sur les revenus, les capitaux et sur les héritages. Cela touche les gens qui ont beaucoup plus d’argent que ceux qui n’en ont pas. Les inégalités sociales y ont déjà énormément crû ces dernières années. On a imprimé de l’argent et ceux qui en bénéficient le placent dans l’immobilier, des objets d’art etc.. Le ménage moyen, lui, souffre. Et les gens en ont tellement souffert qu’ils votent pour augmenter les impôts de ceux qui ont bénéficié de l’inflation monétaire.

 

Les Indignés, qui râlent contre le système que les financiers incarnent, est un mouvement très sympathique au regard des professeurs.

Mais pour Marc Faber, l’origine du problème se situe au niveau des banques centrales qui ont produit beaucoup trop de liquidités ces vingt dernières années. Et à chaque crise, elles ont produit encore plus de liquidités. La banque centrale peut produire de la monnaie, mais elle ne contrôle pas où cette monnaie va créer de l’inflation. Or l’inflation de ces vingt dernières années vient du secteur financier qui a eu une croissance disproportionnelle par rapport à l’économie réelle. L’économie réelle est de rapport 100 alors que le secteur financier est de rapport 1000. 10 fois plus que l’économie réelle!

En 2008, il aurait fallu laisser les banques faire faillite et les gouvernements de chaque pays auraient protégé les épargnes bancaires des particuliers. Il aurait dû y avoir séparation des banques. Par exemple: une UBS domestique, conservatrice, garantie par le gouvernement, qui aurait comme principe une fonction sociale en Suisse dont le salaire et les épargnes des particuliers sont protégés. Et une UBS Edge Fonds pour les gens qui désirent spéculer.

Mais une banque UBS unique doit cesser de jouer au casino financier avec l’argent des particuliers!

 

 

(Source: interview du 4 novembre 2011 sur la RSR la 1ère, mais je n’ai pas mis les commentaires de ceux qui ne sont pas d’accord pour la simple et bonne raison, c’est qu’ils se sont exprimés hors de la conversation téléphonique de Mister « Boum » et que ce dernier ne pouvait les contre-dire. Ce qui ne veut pas dire que ce ne fusse point intéressant, mais je n’ai voulu faire un article que sur les propos de Marc Faber. La totalité de l’émission peut être écoutée sur Forum

 

Petite vidéo explicative

 

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