Turquie, Tunisie, même combat! Ou programme, c’est selon…


 

Publié le 14 novembre 2011

 

Le 11 novembre 2011, Ali Bayramoglu, sociologue et chroniqueur au Monde, a pondu un article sur le premier et bouillonnant ministre Tayip Recep Erdogan dans Le Monde. Or Ali, spécialiste ès mouvements sociaux en Turquie, a été maître de conférence à la Faculté des Sciences Politiques et administratives de l’Uni de Maramara à Istanbul, puis Chargé de cours à Istanbul Kültüre Universitesi. Ali a aussi réalisé une thèse sur le rôle de l’armée dans la vie politique turque, a été chroniqueur politique dans plusieurs journaux avant de rejoindre le quotidien Yeni Safak. En 2005, il publie: «Les laïcs et les religieux face au processus de démocratisation». Il va sans dire qu’il croit en Tayip, le soutient, vote pour lui, jusqu’à ce qu’il se rende compte de quoi est cappable le bonhomme et commence à s’inquiéter de la tournure que prennent les événements.

On a beau être bardé de papelards et de licences en tout genre, on ne s’en laisse pas moins berné par un homme qui sait manier la carotte et le bâton.

Or la coupe se remplit, se remplit que pour finir elle déborde et c’est suite à l’arrestation le 10 novembre 2011 de la professeur Bürsa Ersanli et l’éditeur Ragip Zarakolu, que Bayramoglu écrit son article dans le Monde, quotidien français qui donne la parole aux Turcs qui osent critiquer le nouveau régime mis en place en Turquie.

Quant à Bürsa Ersanli et Ragip Zarakolu, ils vont aller grossir les rangs des ceux qui se sont opposés publiquement au régime islamiste du sultan pour leur «soi-disant» différentes appartenances. Là, pour ces deux intellectuels kurdes «soi-disant» proches du KCK, mouvance du PKK, de nombreux autres dissidents intellectuels turcs et kurdes déjà oubliés dans leurs fosses pour leur «soi-disant» implication dans le grand fourre-tout Ergenekon, comme Ragip Zarakolu.

* * *

La Tunisie, qui prend la Turquie pour exemple et vote Ennahda (parti islamiste bien organisé…soutenu financièrement par Erdogan??) tout en étant confiant et que chez eux, il n’y aura plus de dictateur. Il est vrai qu’à grands renforts médiatiques et, comme en Turquie, se déclare être un parti libéral tout en réinstaurant la liberté de religion, Ennahda a charmé son auditoire essentiellement pauvre de l’arrière-pays et a obtenu la victoire électorale du 23 octobre 2011, au grand dam des jeunes qui se sont investis dans la Révolution des Jasmins. Jasmins qui, apparemment, ne sont plus de saison puisqu’il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les premières lois tombent parmi lesquelles, une certaine censure d’Internet. «Mais que c’est pour interdire les sites pornographiques!» (Tiens! On dirait Lopsi…) clame le parti, la bouche en coeur. Il va sans dire que d’autres interdictions sont au programme, mais on ne va tout de même pas donner la douche froide de suite. On sert d’abord un discours plein d’ambiguïtés histoire de berner les Tunisiens crédules qui ont encore l’habitude de vivre en citoyens sous le régime du dictateur démocratique ex-élu à 120%, le bien nommé Ben Ali. Mais…

«Aïe confiaaannnnce!»

Comme en Turquie, quoi!

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