Cette Suisse qui dit «Non» aux vacances


 

Bien que j’aurais pu faire un article hier à propos de cette votation, je ne l’ai pas fait, ayant été plus à l’écoute d’autres sujets de votations qui n’intéressent personne en dehors de la douce et bucolique Helvétie, débats lors desquels différents intervenants ne se sont pas gênés de se traiter de nom d’oiseaux. Je ne cacherais pas non plus que j’eusse profité de proférer des insultes aux personnages invités sur les plateaux télé et radio.

Pourquoi le «Non» aux deux semaines de vacances supplémentaires ne m’eusse pas outre intéressée. C’est que je susse déjà que cette initiative lancée par les socialistes était perdue d’avance suite aux initiatives sur le travail lancées précédemment dans l’histoire de notre chère Confédération.

Le Suisse est-il plus bosseur que les autres? Où est-ce le tissu social qui est différent?!

 

 

Si les sièges de grandes industries sont établis sur sol helvétique, la majeure partie de l’économie est soutenue par les PME (ou Petites et Moyennes Entreprises) où les citoyens travaillent presque en «famille». Et l’absence d’un des leurs portent atteinte à la cohésion de l’équipe. En gros, si un est absent, les autres doivent faire le travail et ça, ça ne joue pas! Car si les pays qui essaient d’endiguer le chômage en réduisant le temps de travail à 35 ou 38 heures hebdomadaires pour en donner aux autres, ce n’est pas le cas de l’Helveticus modernicus qui travaille 42 heures par semaines en moyenne. Et ce, bientôt jusqu’à 67 ans! Allez rajouter le boulot de l’absent sur une équipe gagnante qui doit rester compétitive et vous avez une levée de bouclier telle que le résultat de ce week-end.

Bien sûr, le citoyen suisse qui est étranger et qui a un travail de merde n’a pas pu se prononcer. Cela aurait peut-être pu faire pencher la balance! Mais il y a aussi des citoyens suisses étrangers qui sont recherchés par l’économie helvète. Et ce citoyen-là n’a pas non plus envie de délester son travail, de partager son poste et de mettre au courant le collaborateur quant à la spécificité même du projet sur lequel il s’est penché le reste de l’année. En cela, le citoyen suisse étranger n’est pas différent de l’Helveticus modernicus. Il n’y a qu’à vérifier le barème de ceux qui ont quatre semaines de vacances et qui ne les prennent même pas dans leur entier. La menace de les perdre définitivement perdure jusqu’au mois d’avril de l’année suivante et souvent, le travailleur demande la ristourne en monnaie sonnante et trébuchante, ce qui ne manque pas de faire du foin, vu que le patron ne sait si il doit les payer en heures supplémentaires ou en heures normales. Et oui, parce que non seulement le travailleur en PME fait ses 42 heures hebdomadaires en moyenne, mais il est fréquent de le voir faire des heures supplémentaires. On pourrait penser que c’est par appât du gain. Pour certains secteurs, je sais qu’il n’en est rien.

Mais si la Suisse est la risée du monde par son «Non» aux 2 semaines de vacances supplémentaires, c’est aussi oublier la flexibilité du travail. Il n’est pas rare que le bosseur trouve un arrangement avec son boss pour un horaire de travail différent et un salaire en conséquence. Cette flexibilité a un double tranchant: elle peut être favorable pour un bosseur qui se donne mais peut être intransigeante pour un qui se tire des flûtes. Si le travail est protégé dans les autres pays qui entourent le petit îlot à quadruple A, il ne l’est pas au sein même de ce petit pays. Et comme l’UDC, suivi des partis de Droite, ont profité de la naïveté du peuple pour le faire fait voter en faveur de la nouvelle loi sur le chômage. Perdre son travail est donc vite devenu un cauchemar pour le licencié ès chômdu. Il faut ajouter que une solidarité toute relative au sein d’une PME qui branle au manche et il suffit d’une absence prolongée pour que les co-équpiers(ères) tirent la couverture à eux en pointant du doigt le vacancier qui n’est pas là pour se défendre.

Alors oui, on peut rire de la Suisse et sa tradition de bosseur, de la peur de celui ou celle qui se tire aux Baléares pour se mettre les orteils en éventail (avec notre franc fort, il devient possible pour n’importe quel péquin qui travaille bien de se payer des vacances en des lieux qui lui furent impensables auparavant), le citoyen helvétique doit faire face à différentes obligations et le travail lui assure une vie pépère et sans problème.

En écrivant ce billet, je ne défends pas la décision du peuple ni la combats. J’en fais un constat et pour moi, il fusse donc évident que le Confédéré helvétique se prononce contre cette initiative votée parmi quatre autres sujets autrement plus préoccupants. C’est traditionnel et folklorique. Comme dit Mélanchon: «C’est exotique!»

Mais c’est une particularité exotique ancestrale!

 

 Eeeh oui!

 

 

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