Le projet de réforme scolaire turque


 

Polémique autour d’un projet nommé: les «trois quatre», soit la réforme du système éducatif en Turquie. Information soufflée par une source fiable, mais oh combien ardue à trouver sur le ouèèb.

En quoi consiste ces «trois quatre»? Et ben c’est tout simple. Le parcours scolaire obligatoire est de 12 ans, fameuse règle de trois, les «trois quatre», soit trois fois 4 ans. Une fois de 6 à 10 ans, une autre de 10 à 14 ans et la dernière de 14 à 18 ans. À une année près.

Or l’AKP, pilotée par un certain Erdogan, met en cause l’école laïque quant au phénomène des 14 – 15 ans qui, laïques, s’adonneraient plus facilement à la drogue et à l’alcool. Comment donc combattre ce fléau? Ben, en islamisant les élèves à l’âge où les mini-djeunzs commencent à explorer le monde, autrement dit, se mettent à faire des conneries. Quelques litres de cafés pour me tenir éveillée afin d’expliquer cette fameuse réforme qui fait polémique autour de l’islamisation de la population turque, ou comment aborder le place des cours de religion et de morale dans le système éducatif turc contemporain.

Pour la petite histoire, l’instruction publique turque a été guidée par une mission: «se mettre à niveau du monde européen industrialisé». En gros, un citoyen turc se doit d’avoir une base moderne, soit occidentalisée et ce, au frais du gouvernement.

De 1997-1998, l’instruction publique obligatoire passe de 5 à 8 ans d’études, soit pour des gosses de 7 à 14 ans environ, un bienfait pour les campagnes et la scolarisation des filles, mais qui coûte bonbon. Puis, de 15 à 17-18 ans, les élèves peuvent poursuivre des Lise (lycées) techniques, professionnels, littéraires ou scientifiques avec, en prime, des cours d’anglais, tout ceci après avoir passé un examen préliminaire. Après 18 ans, les djeunzs peuvent continuer leur cursus dans les universités pendant 4 ans minimum.

Petit aperçu: en 1995, ce ne sont pas moins de 1’180’000 jeunes qui se présentent aux examens des diverses facultés. Et ce chiffre croît d’année en année. La voie royale pour une ascension sociale est convoitée, mais le manque de places dans les universités gouvernementales et le manque d’effectifs dans le corps enseignant favoriseront le développement d’universités privées aux exigences reconnues, mais qui coûtent le lard du chat. Les communautés confrériques et islamistes ont donc commencé à ouvrir leurs propres écoles privées de bonne qualité. Au passage, juifs et chrétiens ont aussi leurs propres écoles ou peuvent fréquenter les écoles gouvernementales sans problèmes. Les cours de religion et de règles morales permettent la cohabitation des diverses ethnies du pays et augmentent la sensibilités des élèves aux arts. En arrière-fond, une façon de lutter contre des idéologies radicales, communistes et athées.

Donc, en résumé, les «Cours de Culture religieuse et de Connaissances morales» sont obligatoires de la 4ème à la 3ème année de scolarité obligatoire à raison de 2 heures par semaine et pour les études supérieurs, cela est réduit à une heure par semaine.

Seulement voilà, depuis les années 1930, il manque des imams, ce qui inquiète le gouvernement qui craint une récupération à la sauce anti-républicaine. D’où la formation d’imams à grande échelle, surtout en milieu rural. De 1951 à 1996, le nombre des écoles coraniques augmentent à la vitesse grand V et les milieux ruraux y adhérent après un moment de méfiance. Milieux ruraux qui financent ces nouvelles écoles qui n’ont de mixité que l’apparence. Mais les filles peuvent tout de même les fréquenter, quitte à ne pas devenir une ponte religieuse. L’horaire scolaire sera 60% de culture générale et 40% de cours religieux intensifs. Ces écoles permettent l’accès aux facultés universitaires au même titre que les écoles gouvernementales.

(Bon, je dois résumer coûte que coûte, car là, je m’y perds un peu!)

Donc les «trois quatre» se composeraient ainsi:

De 6 à 10-11 ans, tranche d’âge qui étudierait de façon plus ou moins laïque avec des notions religieuses.

De 10 à 14-15 ans, tranche où les préceptes religieux seraient plus intenses, le Coran interdisant la drogue et l’alccol.

De 14 à 18 ans, tranche d’âge où les étudiants continueraient sur cette voie avant d’entrer dans les facultés de leur choix.

En soi, cela peut paraître comme une bonne prévention si elle ne fait pas planer une islamisation radicale du pays voulue par Erdogan et…Fatullah Gülen qui a une longueur d’avance. Les derniers laïques en poste au gouvernement et dans des institutions administratives combattent ce projet, d’où la grande polémique actuelle en douce et belle Turquie.

Mais pourrait-on critiquer ce phénomène lorsqu’on apprend, avec une stupéfaction non dissimulée, qu’un certain Dr Dukan propose d’instaurer une option «Poids d’équilibre» pour passer son baccalauréat!

 

 

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