Agriculture française: un tabou tombe


 

Et pas n’importe lequel, puisque ce ne sont pas moins de 400 agriculteurs qui se donnent la mort chaque année. 400 à 800 paysans français, selon certains sourciers. Mais comment peut-on en arriver là lorsque Bruxelles aide, à raison de 8 milliards d’euros, ce gros producteur mondial hexagonal?!

D’abord, le facteur météo! Un été trop sec, du fourrage qui manque, une flambée des prix, et un hiver froid qui poussent les bovins à manger plus.

Vient le facteur «pas de bol»! Une panne de tracteur, des réparations, des entretiens de la ferme, une exploitation trop petite, et c’est le facteur tout court qui apporte son lot de factures qui ne seront pas payées…faute de moyens.

Puis le facteur acheteur, celui qui est à l’autre bout de la chaîne! De ne citer qu’un parmi tant d’autres, Lactalis, premier groupe mondial qui collecte 13,6 milliards de litres de lait par année pour un prix fixe et ce, sur tous les continents.

Arrive le facteur santé! Fragilisés, accablés de dettes, couverts de honte et coupés du monde, des agriculteurs sombrent dans la déprime, refusent une main tendue ou du Xanax et se font plutôt péter le caisson.

Le phénomène est-il nouveau? Tout cela dépend de ce qu’on appelle récent ou non. Pour être plus clair, c’est dans les années 1990 que le malaise a débuté, soit à l’ouverture des marchés qui ont mis la production locale en concurrence avec celle des pays à moindres coûts. Il faut investir dans un équipement moderne pour tenir le bateau à flot et les agriculteurs entrent dans la spirale de l’endettement avec en prime, une certaine incertitude économique, un travail difficile et une pression psychologique que les jeunes ne veulent pas vivre et qui préfèrent tenter leur chance en ville.

Des chiffres? 13% d’actifs dans l’agriculture en 1970, 9% en 1999 et 2% en 2011. En gros, les paysans qui résistent encore travaillent à perte et ce, de 5h00 à 22h00 chaque jour!

Pourquoi n’y a-t-on pas gaffé?! Certainement parce que les médias étaient plus enclins à couvrir les vagues de suicides des agriculteurs indiens qui ont, elles aussi, débuté depuis les années 1980-1990. Et si ce n’est pas à cause du lait, c’est que les paysans de l’autre bout du monde sont dans la panade avec le coton. L’Inde étant immense et sa population intense, les suicides ont explosé depuis que Monsanto a vendu ses semences OGM miraculeuses, qui ne le sont pas du tout, dans les années 90. Mais il faut parler de régions pour pouvoir prendre la mesure de ce qui s’y passe. La province de Chattisgarh, par exemple, compte une moyenne de 1’000 suicides mensuels depuis plus de 15 ans.

Alors, on met les chiffres en parallèle pour pouvoir contourner le problème et éviter de parler de la France. Ainsi, les ministères sortent des chiffres qui minimisent le phénomène:

Suicides en Inde, entre 60 et 75% d’agriculteurs indiens contre 10% d’agriculteurs français. Hop, on rajoute les USA pour un minable 2% de suicides dus aux problèmes de ceux qui travaillent la terre.

On aurait pu parler de l’industrie de la pêche, mais comme il n’y a bientôt plus de poissons dans les mers, difficile d’en trouver un volontaire pour fêter le 1er avril! Donc, malheureusement, indubitablement, incommensurablement, tout ce qui est écrit dans cet article est authentique…

Ne reste qu’à prendre le virage de la modernité et du non-polluant…pour compenser les tonnes de CO2 envoyées dans l’atmosphère par la plate-forme offshore TOTAL!

 

 

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Une réflexion sur “Agriculture française: un tabou tombe

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