Réseaux de soins «obligatoires» ou pièges à cons!


 

Le 17 juin, les Helvètes vont devoir se prononcer sur plusieurs objets mis en votation, parmi lesquels:

 «La modification de la loi fédérale sur l’assurance maladie (Réseaux de soins)»

On nous «assure» que la qualité des soins ne sera pas prétéritée et que les réseaux seront indépendants des caisses maladie. Mais lorsqu’on regarde de plus près le projet de loi proposée, on peut lire:

«Le réseau de soins intégrés conclut avec l’assureur un contrat qui précise comment la qualité des prestations sera garantie et comment les prestations seront rémunérées. Le contrat définit également dans quelle mesure le réseau de soins intégrés assumera la responsabilité financière des soins médicaux (coresponsabilité budgétaire). Les réseaux de soins sont indépendants; ils ne peuvent donc être gérés par un assureur.»

Là, nous sommes déjà pris(e)s pour de sombres con(ne)s puisqu’il est dit dès la première ligne du paragraphe que le réseau de soins intégrés et l’assureur vont se mettre d’accord sur une enveloppe budgétaire et comment gérer cette dernière. Puis de nous «ré-rassurer» par la phrase finale que ces réseaux de soins intégrés seront indépendants et ne pourront pas être gérés par un assureur.

En gros, pour ceux qui n’ont toujours pas compris, l’assureur donne une enveloppe budgétaire fixée à tel montant au réseau de soins…et ce sera aux médecins de la gérer. Si le réseau dépasse cette enveloppe, il pourra reporter les coûts sur l’enveloppe de l’année suivante en foutant dehors les mauvais risques, ou si il est obligé de les garder en son sein pendant 3 ans comme prévu par cette nouvelle idée de loi, les soigner au rabais!

Ce n’est pas fini!

«L’assuré qui opte pour le modèle des soins intégrés paiera une quote-part de 10% jusqu’à un montant maximal de 500 francs par an (contre 700 actuellement); l’assureur pourra cependant renoncer partiellement ou totalement à prélever la participation aux coûts. L’assuré qui n’opte pas pour ce modèle devra désormais acquitter une quote-part de 15%, à concurrence de 1’000 francs.»

Pour dire plus simple, celui ou celle qui est suivi(e) par son médecin traitant et ses spécialistes depuis un certain nombre d’années ne pourra plus être suivi(e) par son entourage médical si ce dernier ne fait pas partie d’un réseau de soins. Or, les malades chroniques ne sont pas ceux qui courent les spécialistes de tous poils, mais sont plutôt ceux qui passent par leur médecin traitant en qui ils ont toute confiance. On peut même ajouter que ce ne sont pas les malades chroniques qui courent chez le toubibs pour le moindre bobo afin d’obtenir le fameux sésame (attestation maladie) qui lui permettra au malade de bénéficier de son salaire versé par «l’assurance perte-de-gains» pour une absence en cas de grippe!

Mais le pompon est l’article suivant:

«Le projet de révision de la loi fédérale sur l’assurance maladie contient encore d’autres modifications.»

Alors là, on nage dans le flou le plus total! On fait des projets de loi et on y rajoute la petite phrase: «Mais cette révision contient encore d’autres modification!» Du pur délire! Faut aller se faire soigner, là!!

Ce qu’il faut savoir, pour ceux qui sont bien portants, c’est qu’une maladie grave choisit ses partenaires au hasard, tout comme un simple accident de la route. Ce dernier exemple n’est pas pris au hasard puisqu’une victime d’un accident, qui subira des séquelles toute sa vie, est prise en charge par «l’assurance accident» les cinq premières années avant de se retrouver…à «l’assurance maladie obligatoire». Sans compter qu’une victime d’un accident sera boudée par d’autres assurances qui connaissent les risques de séquelles qui vont pourrir la vie de celui ou celle qui a eu la malheur de se trouver sur la route d’un simple péquin qui a causé le drame par simple inattention!

Pour celui ou celle qui veut voir le débat, voir le lien: Réseaux de soins: le patient vraiment gagnant?

On y peut voir une Isabelle Moret, Vice-présidente PLR (Parti Libéral Radical ou Parti des Lobbys Renommés), Conseillère nationale, canton de Vaud qui va défendre becs et ongles ce projet de loi et qui, à court d’arguments contre des invités qui en connaissent un rayon, prête des propos que Pierre-Yves Maillard, Conseiller d’Etat, Département santé et action sociale, PS (Parti Socialiste et non Post Scritum), Vaud, n’a pas tenus. Un Maillard qui a déjà eu maille a partir avec le Président de la Confédération lors d’un débat sur «l’assurance maladie» et qui connaît ses dossiers du bout des doigts.

Lors du débat avec le Président Pascal Couchepin (Président de la Confédération pendant un an, mais Conseiller Fédéral qui s’occupait de la santé point de vue économique), lui aussi Radical amigo avec les lobbys des assureurs, avait aussi malmené Maillard, mais a reconnu par la suite que ce dernier avait eu raison sur toute la ligne! Petite parenthèse dans laquelle je rajoute que Maillard s’était fait aussi traité de nom d’oiseau, une spécialité des Radicaux Libres!

Alors qu’ici, au moment où on arrive à la fin d’un débat animé où les interlocuteurs qui n’ont rien de rassurant mais qui tiennent plus le crachoir que ceux qui maîtrisent le sujet, Isabelle Moret cite «Alain Berset, Conseiller Fédéral PS qui a défendu ce projet devant les caméras de toutes les chaînes nationales». Pierre-Yves Maillard émet des doutes quant aux propos de Berset. Pourquoi? Parce que tout comme Miss Moret le sait, un(e) Conseiller(ère) Fédéral(e) est obligé(e) de défendre le résultat d’un consensus opté à la majorité de tous les intervenants au sein d’un collège, même si ce résultat ne lui plaît pas!

Comme tout(e) psychologue élémentaire, soit le simple péquin, le sait, une personne à court d’argument va essayer de porter des coups bas à son adversaire quand il ou elle n’a plus d’autre possibilité pour rester crédible. C’est dans ces conditions que Miss Moret déclare que Pierre-Yves Maillard traîte Alain Berset de «fieffé menteur!», propos qu’aucun auditeur ou téléspectateur n’a entendu de la part du Conseiller d’Etat du Canton de Vaud!

Madame Moret aurait-elle besoin d’une consultation chez un oto-rhino-laryngologue?

Ce qui a de rassurant, c’est que aucune des sept formations politiques qui représentent le Grand Conseil Vaudois, y compris celle dont madame Moret fait partie, ne soutient cette proposition!

 

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3 réflexions sur “Réseaux de soins «obligatoires» ou pièges à cons!

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