Les livres électroniques: une bibliothèque déjà condamnée!


 

Le tournant dans le livre numérique n’est certes pas une bonne affaire pour les lecteurs. On pourrait même nommer cette réforme électronique comme un piège à con électronique. En effet, il fut un temps où il fut possible de passer en librairie, d’acheter son bouquin et, une fois fini et gribouillé par des notes, on pouvait le prêter.

Qu’en est-il du nouveau mode de partage du savoir sur ces tablettes qui font rêver les geeks?!

Nous allons dorénavant vers les livres sous l’aspect de fichiers dits propriétaires, c’est-à-dire qu’ils sont faits comme des composants de chaque acteur du Net. Rien compris? Par grave, on va donner un exemple:

Amazon a son propre format propriétaire .AZW, format qui ne pourra jamais être lu par Apple qui a lui même son propre format qui ne pourra jamais être lu par une autre machine. Le but est donc de lier l’utilisateur par l’achat d’une bécane à son propre fournisseur de livres.

Par contre Google-livres. qui a numérisé plus de 20 millions d’ouvrages dont 4 millions sont dans le domaine publique, sont sous des formats libres ou .PDF selon les nuances, ou encore le format qui semble s’imposer: le format EPUB. Aux constructeurs de tablettes de se mettre d’accord et d’utiliser en format ouvert à tout le monde: le format EPUB.

En attendant, le consommateur se voit lié à son seul éditeur: Amazon ou Apple.

Mais voilà, ces fichiers contiennent un DRM qui n’est autre qu’un verrou électronique censé assurer la gestion des droits. Ce qui est le cas des 80% des livres numériques vendus. Ces verrous ne permettent pas la copie illégale d’ouvrages, de livres, de films, de disques etc.., mais cela implique des dérives commerciales et des dérives économiques liés à ces DRM.

Quels sont ces types de dérives?

D’abord, de rendre l’utilisateur captif, c’est-à-dire que pour des livres vendus par Amazon, on ne pourra les lire que sous son propre profil KINDLE. Plus possible de prêter un livre comme auparavant.

Le DRM a 3 acteurs: le détenteur des droits sur le document transmis, puis il y a le document lui-même et enfin un utilisateur bien précis. Ce qui veut dire que le DRM reste un fichier aux mains du détenteur de droit et d’un utilisateur bien précis. Plus de prêt, plus de vente, plus de dons. Le DRM ne sera pas reconnu par le KINDLE de votre enfant, de votre ami et patati et patata. Le DRM est un contrat unique entre le fournisseur et un utilisateur. Cet utilisateur ne pourra même pas transmettre le fichier entre deux tablettes, une avec Amazon et une Ipad, ou deux tablettes de même type. Tout essai de contourner ce fichier pour qu’il soit utilisable sur une autre bécane fait de l’utilisateur un pirate voire un délinquant numérique. Même en prêtant la tablette, avec le nouveau système de liseuse peut permettre au fournisseur d’effacer le fichier mis à disposition de l’utilisateur. Egoïste, va!

Et de citer un précédent avec Amazon qui a diffusé «1984 de Georges Orwell» alors qu’il n’avait pas les droits d’auteurs. Du coup, Amazon a effacé tous les Kindles liés à cet ouvrage et tous les lecteurs et étudiants qui avaient pris des notes et des commentaires sur ce livre ont retrouvé leur travail effacé et becs de gaz. Amazon a évoqué une erreur de manoeuvre, mais cela laisse entrevoir tout ce qu’on peut faire avec ce type de contrat, comme appliquer l’interdiction d’un livre, for exemple.

Il est donc aventureux de se constituer une bibliothèque avec ces livres électroniques, car il y a de fort risques de se retrouver avec des trous dans les rayonnages de sa bibliothèque numérique. De plus, et ce n’est pas une mince affaire, il faut penser au formatage de ces ouvrages lors des mises à jours de nouveaux formats de lecture. Ce qui lie encore plus l’utilisateur à son éditeur, Amazon ou Apple qui visent à fidéliser, voire lier son utilisateur avec la possibilité de lire son ancien format, d’une durée de vie de 3-4 ans, avec de nouveaux logiciels qui vont automatiquement se modifier. Mais à force de reformatage, le contenu intellectuel sera perdu.

Les liseuses numériques sont donc plus avantageuses pour les canards en lignes, mais pour le livre numérique, il va y avoir problèmo tôt ou tard et il faut en être conscient avant de se lancer dans la confection d’une bibliothèque virtuelle qui n’a pas d’avenir….

 

 

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2 réflexions sur “Les livres électroniques: une bibliothèque déjà condamnée!

  1. Pingback: Open data | Pearltrees

  2. Shématiquement donc, en plus de toutes les indications perso que nous devrions leur délivrer afin de s’inscrire et de se faire ligoter pour se faire ‘ouvrir une bibliothèque, si nous poussons notre amabilité jusqu’à vouloir faire circuler un texte auprès de nos proches, la nuit, aussi sec, t’as une équipe qui débarque et te chourave le contenu du congelo et même la tavle de chevet sur laquelle tu auras déposé ton i-boock…Infernal ça!

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